L’assurance vie GMO, proposée par La Banque Postale en partenariat avec CNP Assurances, occupe une place particulière dans le paysage français de l’épargne retraite. Fermé à la commercialisation depuis décembre 2005, ce contrat continue néanmoins de générer de nombreux débats parmi les épargnants existants qui s’interrogent sur sa performance et son avenir. Avec plus de 18 ans de recul, les retours d’expérience des souscripteurs offrent un éclairage précieux sur les forces et faiblesses de cette solution d’épargne. Les enjeux sont particulièrement importants pour les détenteurs actuels qui doivent décider s’ils conservent leur contrat ou envisagent un transfert vers des solutions plus modernes et potentiellement plus performantes.

Présentation détaillée de l’assurance vie GMO et positionnement concurrentiel

Caractéristiques techniques des contrats GMO multisupport et GMO horizon

Le contrat GMO Multisupport se distingue par sa structure hybride combinant un fonds en euros sécurisé et une gamme d’unités de compte diversifiée. La particularité de ce contrat réside dans sa formule clé en main qui propose quatre profils d’allocation automatique selon l’âge et les objectifs du souscripteur. Cette approche simplifie considérablement la gestion pour les épargnants peu familiers avec les mécanismes financiers complexes.

Le fonds euros GMO Poste Avenir constitue la pierre angulaire du contrat, offrant une garantie en capital assortie d’un mécanisme de cliquet qui cristallise définitivement les gains acquis. Cette sécurisation répond aux attentes d’une clientèle naturellement frileuse face aux fluctuations des marchés financiers. Cependant, cette sécurité s’accompagne d’une performance limitée, particulièrement visible depuis l’entrée dans l’ère des taux bas.

La version GMO Horizon propose quant à elle une approche plus dynamique avec une allocation qui évolue automatiquement au fil du temps. Plus l’échéance se rapproche, plus la part investie en unités de compte diminue au profit du fonds euros, sécurisant progressivement le capital constitué. Cette gestion lifecycle séduit les épargnants souhaitant bénéficier du potentiel de performance des marchés actions tout en limitant le risque à l’approche de la retraite.

Analyse comparative avec AXA opportunité vie et generali patrimoine

Face aux leaders du marché comme AXA Opportunité Vie ou Generali Patrimoine, l’assurance vie GMO révèle certaines faiblesses structurelles. AXA Opportunité Vie propose ainsi plus de 600 supports d’investissement contre seulement une centaine pour GMO, limitant significativement les possibilités de diversification et d’optimisation fiscale.

En matière de performance, les écarts se creusent davantage. Là où Generali Patrimoine affiche des rendements de fonds euros supérieurs à 3% sur les dernières années, GMO peine à dépasser les 2,3%. Cette différence de près d’un point peut représenter plusieurs milliers d’euros d’écart sur la durée de vie d’un contrat. Les frais de gestion constituent un autre point de divergence notable, GMO appliquant des tarifs souvent supérieurs à la concurrence directe.

La limitation du choix des supports d’investissement constitue probablement le principal handicap concurrentiel de GMO face aux contrats modernes du marché.

Frais de g

estion, droits d’entrée et commission d’arbitrage GMO

Sur le plan tarifaire, l’assurance vie GMO souffre des mêmes travers que la plupart des contrats distribués par les banques de réseau. Les frais sur versement peuvent atteindre 3 %, ce qui signifie que pour 10 000 € versés, seuls 9 700 € commencent réellement à travailler. À long terme, cet « impôt d’entrée » pèse lourdement sur la performance globale du contrat, surtout si les rendements du fonds euros restent modestes.

Les frais de gestion annuels sur le fonds euros et les unités de compte se situent généralement entre 0,85 % et 0,60 % selon l’encours, avec une dégressivité réservée aux patrimoines importants. En dessous de 200 000 € d’encours, la majorité des assurés supporte les frais les plus élevés, ce qui réduit la compétitivité de GMO face aux meilleures assurances vie en ligne qui se situent à 0,50–0,60 % sans condition de montant.

Concernant les arbitrages entre supports, les contrats GMO historiques prévoient en principe la gratuité des arbitrages ou un nombre limité d’opérations gratuites par an, ce qui est un point positif pour les épargnants actifs. Toutefois, la lourdeur administrative (formulaires papier, délais de traitement) décourage souvent les arbitrages fréquents. Concrètement, même si les commissions d’arbitrage sont faibles ou nulles, le « coût caché » réside dans la lenteur d’exécution, qui peut entraîner un décalage peu favorable par rapport aux mouvements de marché.

Pour résumer, la structure de frais de GMO n’est pas catastrophique mais clairement datée. À l’heure où de nombreux contrats zero-frais-sur-versement existent, continuer à payer 2–3 % à chaque apport revient un peu à partir pour une course de fond avec un sac à dos rempli de pierres : vous finirez la course, mais plus lentement que les autres.

Gamme de supports d’investissement OPCVM et ETF disponibles

L’un des reproches récurrents faits à l’assurance vie GMO concerne sa gamme de supports OPCVM et ETF relativement limitée. Le contrat propose une centaine d’unités de compte environ, principalement des fonds maison distribués par CNP et quelques grandes sociétés de gestion comme Carmignac, Pictet ou Amundi. En revanche, la sélection de trackers (ETF) se révèle réduite, avec quelques produits phares sur les grands indices (S&P 500, Nasdaq, Europe) mais peu d’options sectorielles ou thématiques.

Cette architecture ouverte « à moitié » ne permet pas de construire des allocations véritablement sur-mesure, par exemple une stratégie 100 % ETF à bas coûts ou une exposition fine à l’immobilier coté, aux obligations high yield ou aux marchés émergents. Les épargnants doivent souvent se contenter de fonds actifs aux frais internes élevés (1,5 % à plus de 2 % par an), ce qui vient s’additionner aux frais de gestion du contrat GMO et rogne encore la performance nette.

Pour un investisseur peu expérimenté, cette offre reste suffisante pour mettre en place une allocation prudente ou équilibrée, en combinant fonds diversifiés, fonds actions internationales et un peu de thématique. En revanche, pour un investisseur averti souhaitant piloter précisément son exposition via une large palette d’ETF ou de supports immobiliers (SCPI, SCI, OPCI en nombre), GMO apparaît clairement en retrait par rapport aux contrats d’assurance vie nouvelle génération.

En pratique, si vous envisagez de dynamiser votre assurance vie avec une stratégie de long terme en unités de compte, il est souvent plus efficace d’ouvrir en parallèle un contrat plus moderne, tout en conservant éventuellement GMO pour son antériorité fiscale et, le cas échéant, un taux garanti historique intéressant sur le fonds euros.

Retours d’expérience clients sur les performances financières GMO

Rendements historiques du fonds euro GMO sur 5 et 10 ans

Les rendements historiques du fonds euros GMO Poste Avenir constituent un élément central des avis clients. Sur les cinq dernières années connues, la performance nette de frais de gestion oscille autour de 1–1,5 % jusqu’en 2021, avant de remonter vers 2–2,3 % avec la hausse des taux d’intérêt. Sur dix ans, la moyenne annuelle ressort autour de 1,8 % environ, en deçà de l’inflation cumulée de la période.

Cette réalité se retrouve dans de nombreux témoignages : des assurés découvrent que, malgré un capital en hausse en valeur nominale, leur pouvoir d’achat a reculé. Sur la période 2020–2024, par exemple, l’inflation en France a dépassé 13 % cumulés, quand le fonds euros GMO a servi environ 8 % sur la même période. L’écart n’est pas spectaculaire à court terme, mais il devient très significatif au bout de 10 ou 15 ans.

Historiquement, les souscripteurs des années 90 et du début des années 2000 ont toutefois profité de rendements bien plus généreux, parfois supérieurs à 4–5 % par an à l’époque des taux élevés. C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux épargnants conservent encore leur contrat : l’antériorité fiscale et le stock d’intérêts déjà capitalisés rendent une clôture brutale peu opportune, surtout s’ils n’ont pas de projet immédiat nécessitant un rachat total.

On peut donc dire que le fonds euros GMO a bien joué son rôle de « matelas de sécurité » dans un contexte de baisse tendancielle des taux, mais il peine aujourd’hui à offrir un rendement réel positif. Pour un épargnant prudent, il reste un outil de stabilisation du patrimoine, mais plus vraiment un moteur de performance.

Performance des unités de compte carmignac et pictet proposées

Du côté des unités de compte, les avis sont plus contrastés. Les fonds Carmignac et Pictet référencés dans GMO font partie des supports les plus connus du contrat. Certains profils flexibles ou actions internationales ont su tirer leur épingle du jeu sur 10 ans, avec des performances annualisées supérieures à 5–6 % avant frais, notamment durant les longues phases haussières des marchés actions.

Cependant, ces performances brutes doivent être relativisées. D’une part, les frais internes de ces fonds (souvent supérieurs à 1,5 % par an) viennent diminuer le rendement final pour le client. D’autre part, les épargnants entrés au mauvais moment (par exemple avant un krach ou après une forte hausse) ont parfois subi plusieurs années de traversée du désert avant de retrouver leur mise. Les témoignages montrent ainsi des écarts importants entre assurés selon leur date et leur mode d’entrée sur ces unités de compte.

Un autre point fréquemment évoqué concerne le manque d’accompagnement dans le suivi de ces supports. Beaucoup de clients expliquent qu’ils ont été orientés vers tel ou tel fonds « maison » ou partenaire au moment de la souscription, puis plus rien : pas de bilan annuel détaillé, peu de recommandations d’arbitrage, et une difficulté à comprendre la performance réelle net de tous frais. Au final, certains découvrent tardivement que leur unité de compte Carmignac ou Pictet a fait à peine mieux que le fonds euros, avec beaucoup plus de volatilité.

Pour tirer parti de ces UC potentiellement performantes, il est donc indispensable d’adopter une vraie démarche d’investisseur : horizon de placement long (8–10 ans minimum), diversification entre plusieurs zones géographiques et styles de gestion, et revue régulière de l’allocation. Sans cela, la promesse de « dynamisation du contrat GMO » reste souvent théorique.

Témoignages clients sur la rentabilité des arbitrages dynamiques

Les arbitrages dynamiques – c’est-à-dire le passage périodique d’une partie de l’épargne du fonds euros vers des unités de compte, et inversement – sont au cœur de nombreux retours d’expérience. Certains clients ayant mis en place, parfois dès le début des années 2000, des stratégies d’arbitrages réguliers vers les fonds actions lors des phases de creux de marché, rapportent des performances intéressantes sur le long terme. Ils soulignent notamment l’intérêt d’avoir « acheté progressivement » plutôt que d’investir en une seule fois.

À l’inverse, d’autres assurés, souvent moins accompagnés, témoignent d’arbitrages réalisés au plus mauvais moment : sortie vers le fonds euros après une forte baisse des marchés, puis retour tardif sur les unités de compte après un rebond déjà bien entamé. Ce comportement, classique mais destructeur de valeur, a parfois abouti à des performances inférieures à un simple maintien à 100 % sur le fonds euros.

Un thème revient régulièrement dans les avis : la lourdeur administrative des arbitrages chez GMO et La Banque Postale. Là où certains contrats en ligne permettent un arbitrage en quelques clics, la procédure GMO implique encore souvent des formulaires papier ou des validations manuelles, avec plusieurs jours de latence. Or, sur des marchés volatils, ce délai peut transformer une bonne idée en mauvais arbitrage.

En résumé, les arbitrages dynamiques peuvent améliorer sensiblement la rentabilité de l’assurance vie GMO, mais seulement s’ils sont pensés dans une logique de long terme, avec une discipline stricte et des règles simples (par exemple des versements programmés en unités de compte). Sans cela, l’investisseur risque de subir plus souvent ses émotions de marché que d’en tirer réellement parti.

Comparaison des plus-values réalisées versus projections initiales

Lorsque l’on compare les plus-values effectivement réalisées sur les contrats GMO aux projections initiales fournies lors de la souscription, un décalage apparaît fréquemment. De nombreux documents commerciaux des années 90–2000 présentaient des simulations à 4–5 % de rendement annuel sur le long terme, sur la base d’un environnement de taux durablement élevé. La réalité des années 2010–2020, marquée par des taux zéro et une inflation parfois forte, a largement remis en cause ces hypothèses.

Concrètement, un épargnant ayant versé 50 000 € en 2005 avec une projection à 4 % pouvait espérer environ 90 000 € après 20 ans. Dans les faits, selon la répartition entre fonds euros et unités de compte, il se retrouve souvent entre 70 000 et 80 000 €, ce qui reste une progression notable, mais inférieure aux promesses implicites des brochures commerciales de l’époque. Ce phénomène alimente une certaine déception, surtout chez les assurés qui comparent leur contrat à un simple livret réglementé ou à un PEL ancien bien rémunéré.

À l’inverse, les clients ayant accepté un peu plus de risque en UC de façon régulière, notamment via des fonds actions mondiales ou équilibrés, se rapprochent davantage des projections initiales, voire les dépassent légèrement. Ils ont profité de la forte hausse des marchés actions mondiaux sur 15–20 ans, malgré les crises ponctuelles. La leçon à en tirer ? Sans exposition significative aux marchés risqués, il est devenu illusoire d’espérer des rendements de 4 % nets et plus sur de longues périodes.

Pour les détenteurs actuels de GMO, l’enjeu n’est plus de juger les projections passées, mais de recalibrer leurs attentes. Il est recommandé de refaire un plan à partir de la situation réelle du contrat : encours actuel, horizon de placement, besoin de revenus futurs. Cette « remise à plat » permet souvent de décider s’il faut maintenir GMO comme socle sécurisé, ou, au contraire, transférer progressivement une partie de l’épargne vers un autre contrat plus performant.

Évaluation du service client et processus de souscription GMO

Les avis clients sur le service autour de l’assurance vie GMO sont très hétérogènes. Certains épargnants saluent la disponibilité de leur conseiller de La Banque Postale, la clarté des explications fournies lors des rendez-vous et la facilité avec laquelle ils ont pu mettre en place des rachats partiels ou modifier la clause bénéficiaire. Ces expériences positives concernent souvent des clients suivis par un interlocuteur stable, connaissant bien leur situation familiale et patrimoniale.

D’autres, en revanche, dénoncent un manque de proactivité et une certaine opacité. Ils soulignent la difficulté à obtenir un relevé détaillé d’historique de performance, la lenteur dans le traitement des demandes de rachat (parfois plusieurs semaines), ou encore des conseils orientés vers les nouveaux contrats maison (Cachemire, Vivaccio à l’époque) plutôt que vers l’optimisation du contrat GMO existant. Dans quelques cas, des assurés rapportent même avoir été incités à clôturer leur GMO pour souscrire un nouveau produit moins avantageux en termes de frais.

Le processus de souscription n’est plus d’actualité puisque le contrat est fermé à la commercialisation depuis 2005. Toutefois, les procédures de gestion courante (arbitrages, avenants, rachats) restent marquées par une forte dimension papier. Pour des épargnants habitués à la simplicité des banques en ligne, la marche peut sembler haute : formulaires à imprimer, signatures manuscrites, courriers recommandés… Autant d’étapes qui peuvent décourager de petits ajustements pourtant utiles.

En pratique, si vous détenez une assurance vie GMO, il est essentiel de documenter par écrit toutes vos demandes importantes (notamment les rachats significatifs et modifications de clause bénéficiaire) et de conserver une copie des échanges. En cas de blocage ou de délai anormal, le recours au service réclamation, puis au médiateur bancaire de La Banque Postale, reste possible. Cette démarche formelle permet souvent de débloquer des situations qui s’enlisent au niveau de l’agence.

Analyse fiscale et optimisation patrimoniale avec l’assurance vie GMO

Stratégies de démembrement et clause bénéficiaire optimisée

Sur le plan fiscal et successoral, l’assurance vie GMO reste un outil puissant, même si le contrat est ancien. Comme pour toute assurance vie, la clé réside dans la rédaction de la clause bénéficiaire. Beaucoup de contrats GMO ont été ouverts avec une clause standard (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers »), qui n’exploite pas tout le potentiel d’optimisation patrimoniale.

Une première piste consiste à personnaliser la clause pour tenir compte de la situation familiale : enfants de lits différents, concubinage, petits-enfants, proches non héritiers (neveux, filleul, etc.). Il est par exemple possible de prévoir un partage du capital entre plusieurs bénéficiaires avec des pourcentages précis. Rappelons que, pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus, ce qui permet d’organiser une transmission très avantageuse, surtout lorsqu’on répartit le capital sur plusieurs personnes.

Pour les patrimoines plus importants, des stratégies de démembrement de la clause bénéficiaire peuvent être envisagées : attribuer l’usufruit du contrat au conjoint survivant et la nue-propriété aux enfants, par exemple. Cette technique permet de protéger le conjoint (qui percevra les revenus) tout en figeant les droits des enfants sur le capital. Attention toutefois : le démembrement de clause bénéficiaire est techniquement plus complexe à mettre en place et nécessite l’accompagnement d’un notaire ou d’un conseiller en gestion de patrimoine expérimenté.

Enfin, si votre clause bénéficiaire GMO n’a jamais été revue depuis l’ouverture du contrat, il est fortement recommandé de la réexaminer à la lumière de votre situation actuelle. Mariage, divorce, décès, naissance, achat immobilier : autant d’événements qui peuvent rendre la clause d’origine inadaptée, voire contre-productive au regard de vos souhaits de transmission.

Rachats programmés et fiscalité après 8 ans de détention

Au-delà de 8 ans de détention, l’assurance vie GMO bénéficie du régime fiscal de droit commun très favorable. En cas de rachat (total ou partiel), seule la part de gains comprise dans le retrait est taxable, et cette quote-part profite d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune). Concrètement, cela signifie qu’un retrait de 10 000 € dont 3 000 € d’intérêts peut être complètement exonéré d’impôt sur le revenu pour un célibataire, tant qu’il reste dans la limite de l’abattement.

Les rachats programmés mensuels ou trimestriels constituent un outil efficace pour transformer progressivement votre assurance vie GMO en complément de revenus, notamment à la retraite. L’idée est de définir un montant de rachat annuel qui reste sous le seuil des abattements fiscaux, afin de limiter, voire annuler, l’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) restent dus sur la part d’intérêts.

Il est utile de rappeler que, depuis la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU), les gains issus des primes versées après le 27 septembre 2017 sur des contrats dont l’encours dépasse 150 000 € par personne peuvent être taxés à 12,8 % (ou 7,5 % dans certains cas). Néanmoins, pour la majorité des détenteurs de GMO, dont les versements principaux sont antérieurs à cette date et les encours inférieurs à ces seuils, la fiscalité reste très douce après 8 ans.

Pour optimiser l’utilisation de votre contrat GMO, il peut donc être judicieux de planifier une stratégie de rachats programmés, en tenant compte de vos autres revenus (pensions, salaires, loyers) et de votre tranche marginale d’imposition. Un simple tableau prévisionnel, construit avec l’aide d’un conseiller ou à l’aide d’un simulateur en ligne, permet de visualiser l’impact fiscal de différents scénarios de retraits.

Transmission patrimoniale et abattement de 152 500 euros par bénéficiaire

En matière de transmission, l’assurance vie GMO conserve tous les atouts du cadre juridique français. Pour les primes versées avant vos 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux reçus. Au-delà, les sommes sont taxées à 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 %. Ce régime spécifique est distinct de la fiscalité successorale classique, ce qui permet de « sortir » une partie significative de votre patrimoine de la succession.

Pour les primes versées après 70 ans, le régime est différent : les capitaux décès sont intégrés à un abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus). Au-delà de ce seuil, les primes versées peuvent être réintégrées à la succession classique, mais les intérêts produits par le contrat restent exonérés de droits de succession. Cette subtilité rend intéressant le maintien d’un contrat GMO ancien, même alimenté tardivement, dès lors qu’il a eu le temps de générer des gains.

En pratique, comment exploiter au mieux ces règles avec GMO ? Une stratégie fréquente consiste à ouvrir (ou conserver) plusieurs contrats d’assurance vie distincts, chacun avec sa propre clause bénéficiaire, afin de répartir les capitaux entre plusieurs personnes. Un contrat GMO ancien, bien antériorisé, peut par exemple être réservé à un ou deux bénéficiaires clés (conjoint, enfant fragile, neveu proche), tandis que de nouveaux contrats plus performants serviront à diversifier les supports tout en élargissant la liste des bénéficiaires.

Si vous détenez déjà un contrat GMO significatif et approchez de 70 ans (ou les avez dépassés), il est conseillé de faire un point complet avec un professionnel du patrimoine. L’objectif : vérifier que les versements passés sont correctement identifiés, que la clause bénéficiaire est à jour et que l’articulation entre assurance vie et succession « classique » (via testament ou donation) est cohérente avec vos souhaits.

Points de vigilance et critiques récurrentes des assurés GMO

Au fil des années, plusieurs critiques récurrentes émergent dans les avis d’assurés GMO. La première concerne, sans surprise, le niveau de frais : frais sur versement jugés « confiscatoires », frais de gestion élevés comparés aux contrats en ligne, et frais internes des fonds actifs parfois peu transparents. Beaucoup de clients ont le sentiment que la banque et l’assureur sont bien servis, alors que leur propre rendement net reste modeste.

La deuxième source d’insatisfaction porte sur la performance du fonds euros et, plus largement, sur la difficulté à battre l’inflation. Certains épargnants comparent, a posteriori, GMO à un livret réglementé ou à un PEL ancien et constatent qu’ils auraient fait jeu égal, voire mieux, avec des produits plus simples, plus liquides et sans frais d’entrée.

Un troisième point de vigilance touche à la qualité du conseil. De nombreux témoignages relatent des situations où des clients âgés ont été incités à transférer un ancien contrat poste Avenir ou Solesio vers un nouveau contrat Cachemire, perdant au passage certains avantages (meilleur taux historique, antériorité, ou frais plus faibles). Dans d’autres cas, des rachats partiels ont été mal expliqués, entraînant une fiscalité inattendue ou une baisse de la valeur de rachat supérieure à ce qui était anticipé.

Enfin, la lourdeur administrative et la lenteur de certains processus (rachat, clôture, changement de bénéficiaire) alimentent un sentiment de frustration. Quand il s’agit de récupérer son propre argent, devoir patienter plusieurs semaines et fournir de nombreux justificatifs peut donner l’impression que le contrat travaille davantage pour l’assureur que pour l’assuré.

Pour limiter ces écueils, il est crucial de rester proactif : lire attentivement les relevés annuels, demander systématiquement la fiche récapitulative des frais, exiger des explications chiffrées avant tout arbitrage important et, si besoin, solliciter un avis extérieur indépendant de la banque distributrice.

Recommandations d’allocation et profils d’investisseurs adaptés GMO

À qui s’adresse encore, concrètement, l’assurance vie GMO aujourd’hui ? Compte tenu de ses caractéristiques, le contrat semble principalement adapté à trois profils : les épargnants prudents souhaitant sécuriser un capital ancien avec un fonds euros connu, les retraités ou préretraités qui veulent organiser des rachats programmés défiscalisés grâce à l’antériorité fiscale, et les personnes soucieuses d’optimiser leur transmission via une clause bénéficiaire bien travaillée.

Pour un investisseur jeune ou en phase de constitution de patrimoine, GMO n’est généralement pas la solution la plus pertinente. Les frais sur versement et la faible richesse de la gamme d’unités de compte constituent un handicap évident par rapport aux meilleures assurances vie du marché. Dans ce cas, la stratégie la plus sensée consiste souvent à conserver GMO avec un minimum de mouvements (pour ne pas subir davantage de frais), tout en ouvrant en parallèle un ou plusieurs nouveaux contrats plus compétitifs pour les versements futurs.

En termes d’allocation, un schéma simple et pragmatique peut être envisagé pour un détenteur actuel de GMO :

  • Utiliser le fonds euros GMO comme poche de sécurité et de liquidités de moyen terme, sans chercher à y verser de nouvelles sommes importantes ;
  • Conserver, si elles sont déjà en place, quelques unités de compte de qualité (fonds diversifiés internationaux, grandes signatures comme Carmignac ou Pictet), à condition d’accepter la volatilité et de disposer d’un horizon de 8–10 ans ;
  • Éviter de multiplier les arbitrages opportunistes de court terme, coûteux en énergie et rarement gagnants, surtout avec des délais d’exécution longs.

Pour un investisseur très prudent, proche de la retraite, une répartition autour de 70–80 % en fonds euros et 20–30 % en unités de compte diversifiées peut encore avoir du sens, à condition d’accepter les fluctuations sur la petite poche risquée. À l’inverse, pour un investisseur plus dynamique mais attaché à l’antériorité fiscale de GMO, il peut être pertinent de limiter la part risquée sur GMO et de concentrer l’exposition actions/ETF sur un autre contrat mieux outillé.

En définitive, l’assurance vie GMO n’est plus un produit de premier choix pour un nouvel investissement, mais elle peut rester une brique utile dans une stratégie patrimoniale globale. L’enjeu, pour vous, n’est pas tant de « condamner » ou d’« aduler » ce contrat que de le remettre à sa juste place : un ancien véhicule d’épargne à optimiser intelligemment, en tenant compte de ses forces (antériorité, cadre fiscal, sécurité) et de ses faiblesses (frais, performance, gamme limitée).